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Ma curiosité et mon penchant naturel pour la chose scientifique m’ont poussé à m’intéresser au fonctionnement du corps humain et me concocter un programme d’entraînement afin d’effectuer l’ascension du Mont Everest.


Dans un premier temps, j’ai « bouffé » du kilomètres en course à pied en augmentant progressivement la fréquence des sorties, la durée e celles-ci et enfin la vitesse. A la fin de ce premier cycle d’entraînement, j’étais capable de tenir sur des distances d’une vingtaine de kilomètres une vitesse de 13,5 km/h soit un peu moins de 4 minutes et 30 secondes au kilomètre. Ces mesures ont été validées par mes performances sur deux épreuves courues au cours du mois d’octobre dont vous trouverez les comptes-rendus ci-dessous. Des photos sont également disponibles sur la page photos du site. Dans le même temps, j’ai recherché sur Internet des informations sur la physiologie et j’ai beaucoup appris sur les fonctions respiratoires, les muscles et l’interaction oxygène et corps humain. J’ai alors approfondi mes connaissances sur la capacité respiratoire, la VO2max, l’effort aérobie et anaérobie.

La Cabro d’Or, dimanche 14 octobre 2007.


Organisée par la section course à pied de l’Olympique Cabriès Calas, cette manifestation comporte trois épreuves : 10km, semi-marathon et marathon sur les routes campagnardes de mon village de provence. Le parcours a de plus l’avantage de passer devant la maison, ce qui me permet de bénéficier de l’encouragement de mes quatre premiers supporters, Valentine et les enfants.


Le parcours ne présente pas de difficulté particulière à part une montée courte et sèche au kilomètre 16 et la remontée finale vers le plateau du complexe sportif de Cabriès. La météo a été parfaite : un grand soleil comme toujours en Provence, une température clémente de 15°C et aucun souffle de vent. L’organisation est bien rodée, je déplore cependant les trois kilomètres de parcours commun avec le 10 km qui amènent aux environs de la mi-course pour le semi-marathon une densité trop importante de coureurs, de forces différentes de surcroît, sur portion étroite du parcours.


Je voudrais enfin rendre un coup de chapeau à un coureur aveugle et son guide que j’ai suivis pendant quelques kilomètres et que j’ai difficilement doublés au 14ème kilomètres. Leur détermination m’a subjugué et contaminé puisqu’ils m’ont donné l’envie de me défoncer un peu plus et d’accélérer le rythme sur les derniers kilomètres.


Distance : 21km100 – Temps : 1h35mn14s

Nous sommes ensuite passés au classique test du VO2max où l’on mesure la capacité maximale d’absorption d’oxygène pendant un exercice physique intense. L’effort effectué au-delà de cette capacité n’est pas suffisamment alimenté en énergie et les déchets (CO2 et acide lactique) ne sont plus évacués et s’accumulent dans les muscles. L’organisme ne pourra alors pas tenir ce travail longtemps. Ce test consiste à effectuer un effort (courir, vélo) en augmentant la charge progressivement, les échanges gazeux sont mesurés ainsi que les puissance développées et les rythmes cardiaques.


Mes résultats


VO2Max : 53 ml/min/kg.

Fréquence cardiaque maximale : 181 pulsations par minute.

Seuil anaérobie : 165 pulsations par minutes.

Puissance maximum : 330 Watts.

Puissance à 130 pulsations : 158 watts.

Puissance à 150 pulsations : 202 watts.

Puissance à 170 pulsations : 285 watts

Marseille-Cassis, Dimanche 28 octobre 2007.


Célèbre et magnifique épreuve courue par plus de 12000 personnes entre Marseille et le port de Cassis. L’organisation est sérieuse et importante puisque l’arrivée se situe à 20 km du départ et impose des contraintes logistiques importantes de rapatriements au départ des nombreux participants.


Le point noir se trouve au départ où tous les concurrents attendent le coup de feu du starter. Il n’existe pas de parcage de coureurs selon les niveaux ou objectifs de course, ce qui amène des premiers kilomètres mouvementés où il faut jouer des trajectoires, des accélérations et des freinages au sein de cette foule. Une grande partie de l’influx du coureur est alors perdue dans cette lutte au cours des cinq premiers kilomètres. Cela s’améliore par la suite car la sélection naturelle intervient avec la belle et rude montée vers le col de la Gineste (altitude 320 mètres) qui marque la mi-parcours. Le coup d’œil est fabuleux : la mer, le ciel bleu, les calanques et ce long serpentin humain sur la route. Il reste alors qu’à descendre sur Cassis mais cette longue ligne droite est difficile à gérer car le coureur est tiraillé entre ses possibilités d’augmenter la cadence et ne pas s’enflammer car les crampes et les douleurs articulaires peuvent survenir à tout moment. L’arrivée sur le port de cassis avec tous ses spectateurs et cette ambiance est un grand moment qui, incontestablement donne envie de revenir. C’est une course qui s’apprend si on veut réaliser une bonne performance : gérer la foule des premiers kilomètres, adopter la bonne foulée dans la montée et pouvoir l’allonger dans la descente pour parvenir à Cassis assez frais et finir en trombe.


Distance : 20km310 – Temps : 1h32mn35s

Je suis maintenant rentré dans la seconde phase de mon entraînement. M’estimant satisfait de mon niveau de base, j’ai effectué des tests physiques au laboratoire d’Explorations Fonctionnelles Respiratoires de l’hôpital Sainte Marguerite de Marseille pour connaître mes aptitudes naturelles à l’effort et la capacité de mon organisme à s’adapter à l’altitude.


Les premières mesures ont été faites sur mes poumons, leur volume et le débit maximum pour les vider. Les résultats sont dans la norme sans plus, je ne serai donc jamais un concurrent pour Amstrong ou Indurain car avec une capacité vitale de 5,45 litres je reste loin de leur 8 litres. Mais cela, je le savais déjà. Pour effectuer ces mesures, on vous pince le nez et vous devez faire une grande inspiration après un repos et également une grande expiration après un repose, ensuite après une autre inspiration, vous devez faire une expiration forte et franche. L’embout dans votre bouche est assez large et peu confortable, il est probable qu’habitué à l’exercice, vous améliorez vos scores.


Mes résultats


CV max : 5.45 litres – théorique 4.81 litres

VRE : 2.07 litres – théorique 1.41 litre

Débit : 9.86 l/s -  théorique 9.10 l/s

Je dispose donc d’un bon moteur, il n’est toutefois pas exceptionnel. Je suis donc motivé pour améliorer mes performances avec mes futurs entraînements. Mais la journée de test n’est pas terminé car nous effectuerons en dernier lieu un test d’hypoxie (Réactivité de l’organisme au manque d’oxygène). Pendant 4 minutes, au repos, on mesure les échanges gazeux. A l’aide d’un appareil respiratoire, on simule la montée en altitude par réduction du taux d’oxygène dans l’air , 11% au lieu de 21% (altitude d’environ 5000 mètres). Il est à signaler que ceci constitue une simulation car l’oxygène ne se raréfie pas en altitude, sa proportion reste toujours égale à 21% du volume d’air, mais c’est la pression atmosphérique qui diminue et qui dilate l’air disponible, l’homme doit donc respirer plus de volume pour absorber la même quantité d’oxygène qu’au niveau de la mer. Ensuite, il s’agit de fournir un effort du tiers de la puissance maximale développée lors du test de VO2max (100 watts pour mon test) toujours à l’altitude simulée de 5000 mètres. On a constaté que mes performances cardiaques et respiratoires à cette altitude correspondaient à celles d’un exercice de 180 watts au niveau de la mer. Puis on débranche l’air raréfié et l’effort se poursuit au niveau de la mer. Le rythme cardiaque et le rythme respiratoire ralentissent instantanément. Vous recevez dans les poumons une « grande bouffée d’air frais» !!


Mes résultats


Adaptation cardiorespiratoire normale à l’exercice en hypoxie selon la méthode de JP Richalet.



Ces test réalisés en relation avec Florence Villien de Manage’Air, nous avons commencé les exercices respiratoires afin d’augmenter les capacités de mes muscles respiratoires. Florence a travaillé avec beaucoup de sportifs de haut niveau et nos contacts sont très sympathiques et enrichissants. Je vous conseille de consulter son site Internet pour plus de renseignements. Pour juger les résultats de sa méthode, nous avons donc décidé de ne pas changer mes exercices d’entraînement jusqu’à présent effectués, je vais donc continuer à « bouffer » du kilomètre. Mais l’automne et l’hiver ne facilitent pas les sorties le soir après le boulot, je vais donc les remplacer par des « sorties » vélo sur mon home trainer dans la salle de fitness que nous avons aménagée.

Nos sacs ont été envoyés en éclaireur à Katmandou début mars. Ils sont récupérés par l’équipe de sherpas déjà sur place.


Mais nous avons choisi de vous présenter les pièces les plus spécifiques. En cliquant sur les différentes photos, vous aurez un descriptif plus précis de tous les éléments les plus importants pour tenter, réussir et revenir entier d’une telle aventure.


La liste du matériel a été composé par notre chef d’expédition. Les choix ont été effectués avec l’aide de notre compagnon Antoine et les conseils précieux du Vieux Campeur à Paris que nous remercions pour leur accueil.

Matthieu Oddos a rencontré Eugène Constant, alpiniste français qui affrontera les pentes du Mont Everest au printemps prochain et qui expérimente une nouvelle manière de se préparer pour un tel défi en appliquant la méthode Spironess mise au point par le Docteur Florence Villien.


Matthieu Oddos :

Pourquoi avez-vous fait appel à Spironess ?


Eugène Constant :

Au cours de ma préparation physique pour effectuer l’ascension du Mont Everest, j’ai ressenti le besoin de me donner tous les moyens utiles pour réussir cette épreuve. N’étant pas un sportif de haut niveau, mon intérêt pour la méthode développée par Florence Villien est d’acquérir une meilleure adaptation à l’altitude. Le manque d’oxygène (hypoxie) de la haute altitude réduit considérablement les performances du corps humain. L’organisme répond par une hyperventilation (augmentation du nombre de respiration) pour apporter plus d’oxygène aux muscles et aux autres organes vitaux.


Journaliste :

Que vous a apporté la méthode Spironess ?


Eugène Constant :

Les différents exercices ont augmenté ma capacité respiratoire au repos. Mes poumons ont vu leur volume passer de 5,5 litres à 6 litres.


Florence Villien :

Ces résultats proviennent d’une meilleure maîtrise des muscles respiratoires, le diaphragme pour l’inspiration et les abdominaux pour l’expiration.


Matthieu Oddos : Comment êtes-vous arrivé à ces conclusions ?


Eugène Constant : Tout d’abord, il s’agit d’interprétations et non pas de conclusions issues d’une étude scientifique. Nous avons voulu, Florence et moi-même, mettre en pratique cette méthode dans le cadre d’une préparation à une expédition en haute altitude. Pour essayer d’en mesurer le bénéfice, nous avons pratiqué deux tests d’effort maximal mesurant la consommation maximale d’oxygène (VO2 max) et deux tests d’effort en hypoxie séparés par sept semaines de pratique Spironess.


Florence Villien : Dans le cas d’Eugène, nous avons constaté lors de l’épreuve d’effort à VO2max une diminution de 15% de la ventilation par minute. La réserve ventilatoire est nettement augmentée et pourra sûrement être utilisée par l’alpiniste lors de son séjour en altitude. Cela signifie qu’Eugène ayant moins besoin de respirer pendant l’effort, les poumons doivent retirer plus d’oxygène de l’air inspiré (meilleure extraction de l’oxygène par les tissus), ce qui équivaudrait à une baisse simulée de l’altitude.


Eugène Constant : Mes sensations lors des test confirment ces résultats. Je me sentais en effet beaucoup plus à l’aise au niveau respiratoire lors du deuxième test.


Matthieu Oddos : Quels bénéfices supplémentaires pensez-vous retirer de cette méthode ?


Eugène Constant : Depuis que je pratique cette méthode, j’ai constaté une baisse de la fatigue générale, un bien-être certain et une grande sensation de calme.


Florence Villien : Lors d’une étude effectuée sur des sédentaires (*), nous avons observé des modifications durables du régime ventilatoire après 2 mois d’entraînement respiratoire Spironess, en comparaison avec un groupe témoin. Concrètement, le nombre de respiration par minute a diminué et la durée de chaque expiration s’est allongée. Eugène a dû lui aussi profiter de ces bénéfices qui, d’après la littérature scientifique, entraînent une baisse de la fréquence cardiaque. Cela sollicite le système para-sympathique au détriment du système sympathique, favorisant un état physiologique de calme.


Eugène Constant : Ainsi l’organisme semble mieux paré à répondre au stress engendré par la haute altitude, la difficulté de l’ascension et le froid intense qui règne sur la montagne.


Matthieu Oddos : Et maintenant, quel est votre programme ?


Eugène Constant : Il reste trois mois de préparation physique à effectuer en continuant en parallèle à pratiquer la méthode mise au point par Florence.


Florence Villien : Nous espérons ensuite pouvoir maintenir le protocole d’entraînement respiratoire lors de l’expédition et effectuer des mesures médicales comparatives avec les autres membres de l’expédition. Nous pourrons peut être déceler des signes d’une meilleure adaptation à l’altitude par une réduction des problèmes inhérents à celle-ci : maux de tête, perte d’appétit, sensibilité au froid…. En espérant avoir contribué à la réussite de ce projet d’ascension du Mont Everest au profit de France Alzheimer.


(*) Villien F, Yu M, Barthélemy P, Jammes Y. Training to yoga respiration selectively increases respiratory sensation in healthy man. Respir Physiol Neurobiol. 2005 ; 146: 85-96.